Artistes et cannabis


Comme nous avons pu le voir précédemment, le cannabis a influencé la créativité des membres des Hashichins, et s'est donc manifesté sur leurs travaux.
D'autres artistes ont eux aussi vu leurs œuvres être influencées par le cannabis. Mais comment ? En permettant une nouvelle technique de création ? En permettant d’être plus productif ? Ou bien seulement en laissant quelques discrètes traces ?

I - Le cannabis dans la littérature

Outre l’oeuvre de Théophile Gautier que nous avons étudiée dans cet article, on retrouve aussi des écrits de Charles Baudelaire.
Par exemple dans son essai Les Paradis artificiels, il exprime librement toutes ses pensées à propos des drogues. Dans une première partie, on retrouve le Poème du Hashisch (que vous pouvez lire ici). Par la suite, dans la deuxième partie, il nous fait part de ses réflexions à propos de l’oeuvre autobiographique de l'écrivain anglais Thomas Quincey : Confessions d’un mangeur d’Opium anglais. Selon Baudelaire, le cannabis ne trompe pas la réalité en tant que telle ; il l'exacerbe.

Que les gens du monde et les ignorants, curieux de connaître des jouissances exceptionnelles, sachent donc bien qu’ils ne trouveront dans le hashisch rien de miraculeux, absolument rien que le naturel excessif.”
“le hashisch sera, pour les impressions et les pensées familières de l’homme un miroir grossissant, mais un pur miroir.”
(extraits du chapitre III - Le théâtre de Séraphin)
Source image : High five magazine


II - Le cannabis dans la musique

Le cannabis eut aussi un très grand impact sur le jazz.  En effet, au début de 20ème siècle, les jazzmen noirs en consommaient beaucoup et finir par s’appeler les “vipers” (soit “vipères”) en raison du sifflement qui se faisait entendre lorsqu’ils fumaient.  



You'll be high, but not for long. If you're a viper “


De nombreux artistes célèbres étaient des "vipères", comme Louis Armstrong, Billie Holliday, Mezz Mezzrow, Bessie Smith, Lester Young, etc.
Dans une époque où la ségrégation raciale et la répression étaient omniprésentes, le cannabis les aidaient à surmonter l’humiliation que les blancs leurs faisaient subir et à combattre le stress et la dépression.
Armstrong a ainsi déclaré; « On se sent vraiment bien, mon vieux. Ça relaxe, ça fait oublier toutes les choses moches qui arrivent à un Nègre. Ça fait se sentir aimé, et quand on est avec un autre fumeur de hash, on ressent une certaine parenté avec lui. »
Mais surtout, les effets du cannabis permettait aux musiciens de percevoir le temps et la musique différemment, comme l’explique très clairement le docteur et pharmacologue James Munch : « (…) D’après eux, elle avait pour principal effet d’allonger la perception du temps, leur permettant de mettre plus de rythmes dans leur musique que s’ils s’étaient contentés de suivre la partition. (…) Sous l’effet de la marijuana, on peut mettre deux fois plus de musique entre la première et la seconde note. C’est ce qui a donné naissance aux musiciens de jazz. »


Cette drogue a influencé de nombreux autres courants musicaux, du rock en passant par le funk et le reggae. Beaucoup d’artiste ont avoué avoir eu recours au cannabis pour composer leurs morceaux comme Bob Marley: “La musique et l’herbe vont ensemble.”; ou la contemporaine Lady Gaga: “Je fume beaucoup d’herbe quand j’écris ma musique.”


III - Le cannabis et le dessin

Le club des Hashschins était aussi fréquenté par des peintres, notamment Eugène Delacroix. Une de ses peintures, Les femmes d’Alger dans leur appartement représentent des femmes assises autour d'une pipe à eau, souvent utilisée pour fumer du hashisch.
Source image : High five magazine

Pour voir les effets directs qu’ont les drogues sur le processus de création, l’artiste Bryan Lewis Saunders s’est prêté au jeu et a fait son autoportrait sous différents drogues, dont le cannabis. On peut notamment voir sur son site web tous ses autres dessins sous méthamphétamines, LSD, etc.
Ainsi, de nombreux artistes, qu'ils soient contemporains ou morts depuis plusieurs siècles, issus de milieux variés et pratiquant des arts différents se sont servis du cannabis et de ses dérivés au cours du processus créatif de leurs œuvres. 

Le cannabis aurait-il donc réellement la possibilité d'influencer la créativité de ses consommateurs? Mais comment s'y prendrait-il? 

C'est ce que nous allons essayer de comprendre dans le prochain article qui aura pour thème la "zone de la créativité" dans le cerveau.




France Info :


Wikipedia :

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